L'art contemporain a tendance à se justifier par le cheminement singulier de l'artiste. Les enfants seront hermétiques aux explications alambiquées, mais par chance, trouveront un sens à l'oeuvre, qui rentrera alors en scène dans leur univers (lui même singulier). La chance des adultes sera d'apercevoir un bout de cet univers dans un dessin d'enfant.

Ce nouveau thème de sortie sur l'art contemporain vu par les plus jeunes, sera une nouvelle occasion de se promener dans le sud de la France et l'Espagne proche de la frontière en allant d'un musée d'art contemporain à la visite d'un site archéologique. Un saut dans le temps sera aussi en effet l'occasion d'observer l'imagination de l'esprit humain comme une nature profonde.

Des livres...

 Et des images...

     

La Fondation Maeght, est un concentré d'art moderne et contemporain, pour prendre de la hauteur sur la côte d'Azur.

Le Château La Coste réalise un projet unique sur son domaine, en liant l'art, l'architecture et le vin. Les oeuvres sont mises en scène en pleine nature, vers le nord d'Aix-en-Provence.

La Fondation Vasarely, est un univers géométrique, à découvrir à Aix-en-Provence.

La Fondation Dali à Figueras, est une expérience humaine, quoique surréaliste. On peut combiner cette sortie avec la visite du site archéologique d'Ampurias, pour cerner le potentiel d'imagination de l'espèce humaine.

Nous allons suivre l'histoire de l'homme préhistorique en Europe, qui est très bien représenté dans le sud de la France, de Tautavel à coté de Perpignan jusqu'à la vallée des Merveilles aux confins des Alpes Maritimes.

Nous remonterons au temps des premiers hommes en Europe, il y a environ 500 000 ans, et nous suivrons les grandes étapes de l'évolution de l'homme jusqu'à l'âge du Bronze. Mesdames, Messieurs, les enfants, au programme, nous aurons l'invention du feu, une explosion artistique, l'invention de l'agriculture et l'élevage, et la démonstration de la pensée religieuse.

Pour ne pas se perdre dans les époques, il n'est pas inutile de faire un point sur les grandes étapes préhistoriques : le début du paléolithique puis le paléolithique supérieur, le néolithique et l'âge du bronze.

Voici également quelques lectures pour les grands et les petits.

 

 

Au cours des promenades, on peut trouver de l'ocre (de l'argile en fait) et se lancer dans la fabrication de la peinture à partir d'une recette. Les enfants réaliseront des fresques rupestres.

L'homme de Tautavel : A coté de Perpignan, à Tautavel, les paléontologues ont trouvé les restes d'un des plus anciens hommes préhistoriques en Europe. Le site internet officiel est bien fait. Bonne visite, attention c'est une histoire très très ancienne : -450 000 ans !

La grotte de la Baume Bonne : à partir de Quinson, on peut s'y rendre à pied pour une visite guidée. Les Gorges du Verdon ont été habitées par l'homme de manière continue depuis plus de 400 000 ans, du Paléolithique inférieur à l'Âge des métaux. La visite commence au Musée de la Préhistoire à Quinson.

La grotte Cosquer : la grotte Cosquer se situe sous nos pieds lorsqu'on se promène au Cap Morgiou au coeur des calanques. A l'époque où l'artiste a peint ses pingouins sur les murs, le climat glacial sur notre planète a entrainé l'abaissement du niveau de la mer. Aujourd'hui l'entrée de la grotte se trouve sous l'eau, et elle a donc été découverte par miracle grâce au plongeur dénommé Cosquer. Les peintures sont datées d'environ 27 000 et 19 000 ans.

La vallée des Merveilles : nous sommes dans le Parc National du Mercantour. Le parcours est, disons-le, un peu sportif avec des enfants de 4ans et 6ans. L'astuce est de couper en 3 : une  1ère nuit au gîte Neige et Merveilles après une courte marche depuis la route de Tende - une 2ième nuit au refuge des Merveilles, après une belle randonnée et la rencontre des bouquetins, chamois et marmottes. Puis on suit le guide pour découvrir les gravures préhistoriques, et on redescend dans la vallée pour passer la 3ième nuit au gîte Neige et Merveilles.

L'enquête sur les gravures préhistoriques nous amène à observer des bêtes à corne tirant un araire. Cette observation, qui démontre la pratique de l'agriculture, nous indique que nous sommes au moins au Néolithique. Les gravures représentant des poignards de grande taille, et la découverte d'objets en métal, indiquent que nous sommes au moins à l'âge du cuivre. Ainsi les archéologues ont établi que ce site date de l'âge du cuivre et l'âge du bronze ancien.

D'autres sites à découvrir :

Terra Amata : situé à Nice, le Musée de Paléontologie humaine de Terra Amata est installé sur le lieu même de la fouille du site du même nom qui a livré les plus anciens foyers de l’histoire de l’humanité, datant de 400 000 ans.

Les statues-menhirs de Filitosa : il faut faire un petit voyage pour trouver ce haut lieu de la préhistoire Corse du Néolithique au tout début de l'âge du Fer.

 

Les habitants de nos régions, avant l'arrivée des Romains, étaient réunis en plusieurs peuplades formant plusieurs cultures : les Ligures vers les Alpes Maritimes, les Ibères vers le Languedoc, et les Celtes un peu partout.

Puis les Romains, précédés des Grecs et des Etrusques sont venus apporter une culture différente. Cette époque nous a laissé des nombreux textes en grec et en latin, mais finalement ils donnent toujours un point de vue extérieur, et pas toujours élogieux sur nos ancêtres.

Sur cette scène, il semble que le Gaulois prenne l'ascendant sur le Romain.

Personnage héroïsé, Glanum, musée de la civilisation celtique, Bitracte

Cette nouvelle série de sorties en famille va ainsi nous amener dans le sud de la France, d'ouest en est, vers les sites archéologiques et les musées. Ces visites accompagnées de bonnes lectures permettront sans doute de se faire une meilleure idées des habitants de nos régions, à l'âge du fer. Un dernier indice pour aller à la recherche des sites parfois difficiles à localiser : http://www.monumentum.fr/recherche.html (avec le mot clé "oppidum")

Oppidum de Saint Marcel : les habitants celto-ligures du Baou de Saint Marcel furent les voisins des Phocéens, et les plus proches témoins de la fondation de Marseille au VIième siècle avant J.C. A présent, le guerrier gaulois accroupi regarde en direction du centre d'entraînement de l'Olympique de Marseille.

Oppidum de Verduron : les résidents gaulois y avaient un point de vue imprenable sur Massalia. Aujourd'hui, les vestiges de l'oppidum, toujours cramponnés sur la colline, se trouvent dans les quartiers nord de Marseille. Nous avons découvert le site grâce à hoteldunord.coop

Oppidum de Roquepertuse : situé sur la commune de Velaux, ce site est remarquable par sa célèbre sculpture de l'Hermès bicéphale, aujourd'hui conservé au Musée de la Vieille Charité à Marseille.

Oppidum de Constantine : au départ de Calissanne, un chemin sympa permet d'accéder au site signalé sur les cartes par l'énigmatique "Trou de la chèvre d'Or".

Oppidum d'Entremont : juste au-dessus d'Aix-en-Provence, ce site fut un habitat important pour nos ancêtres gaulois, et une menace permanente pour Marseille grecque, toute proche. Finalement les Romains sont venus conquérir cet oppidum et dans la foulée, ils ont fondé Aix-en-Provence. Marseille grecque, Massalia, est aussi devenue un peu plus tard, Marseille romaine, Massilia.

Lattara : au sud de Montpellier à Lattes, ce site a accueilli très tôt les navigateurs étrusques. Comme d'autres ports anciens en Méditerranée, il s'est ensablé peu à peu. Ne cherchez donc pas ce site juste au bord de la mer. Les fouilles se poursuivent et servent aussi à la formation des jeunes archéologues.

Oppidum d'Ensérune : situé entre Béziers et Narbonne, cet oppidum est remarquable par ses nécropoles. Le culte des morts raconte beaucoup de choses au sujet des vivants. Le site internet officiel est très chouette.

 

Et des sites à découvrir ou redécouvrir, à côté de Marseille :

  • habitats de l’Arquet et de Tamaris, près de Cap Couronne, non loin des carrières qui ont servi à édifier Marseille grecque (voir l'article sur Marseille grecque de Nikaia à Emporion).
  • oppidum de Saint Blaise : au dessus de Martigues (voir l’article sur l’influence de la culture grecque).
  • le célèbre site de Glanum, à côté de Saint-Rémy-de-Provence (voir l’article sur l’influence de la culture grecque).

 

La conquête de la Gaule par Jules César a été d'une telle portée, qu'elle marque encore notre culture aujourd'hui en commençant par le français, langue latine. Cette conquête a commencé par la Provence, Provincia Romana.

Dans le sud de la France, il y a des sites romains partout, et pas seulement sur le littoral. Les sites les plus célèbres proposent régulièrement des animations pour les enfants : au Pont du Gard, au Théatre d'Orange, à Vaison-la-Romaine, et dans l'ensemble des sites romains à Arles et Nîmes.

Les vestiges romains moins connus se découvrent comme un jeu de piste :

le Site-Musée des Docks Romains à Marseille, le temple de Diane de Vernègues, le Pont Flavien de Saint Chamas, le Bassin d'agrément de Caumont-en-Durance, l'Aqueduc de Meyrargues, le Pont Julien au nord de Bonnieux, Riez-la-Romaine

le site-Musée de Tautoentum à Saint-Cyr-sur-Mer, la cité romaine de Cimiez à Nice, le Trophée des Alpes à la Turbie,

la Villa Loupian, L'Horreum, entrepôt romain à Narbonnes

Quelques sites en images, suivis de nos commentaires :

Le buste de César : ce visage connu nous observait depuis 2000 ans avant de surgir du fond du Rhône. On a envie de lui demander son analyse sur la chute de l'empire romain, et sur la forme actuelle du pouvoir dans nos sociétés modernes.

Le port antique de Fréjus : il est complètement enlisé aujourd'hui, et le jeu de piste consiste à chercher l'entrée, marquée par la lanterne d'Auguste. On la trouve finalement, avec le sentiment qu'elle a échappé de justesse aux tags.

L'aqueduc et les moulins de Barbegal : c'est une trouvaille singulière située sur la commune de Fontvieille. Les photos des fouilles trouvées sur internet faisaient apparaitre une espèce de mitigeur des aqueducs, mais ne correspondaient pas à notre observation, pour une bonne raison : les fouilles ont été recouvertes comme ultime forme de conservation. Les vestiges des moulins sont visibles, et donnent une idée de la production industrielle de la farine, à l'époque romaine pour fournir la ville d' Arelate.

Les mosaïques de solides évidés : nous avions d'abord observé cette forme originale à la Villa Romaine de Seviac dans le Gers, en pensant que cette forme était unique. Et plus tard, nous avons rencontré la même forme à la Villa Romaine de Loupian dans l'Hérault. Sur quel autre site peut-on retrouver cette forme ?


Dès notre arrivée à Marseille, notre curiosité a été piquée par l’origine grecque de la ville : la cité phocéenne.

Les sorties proposées dans cet article appartiennent au thème « sur les pas des Grecs en Occident » : c'est en fait le titre d’un volume de la collection des études massaliètes du Centre Camille Jullian. Ces études massaliètes sont la base de notre connaissance sur les Grecs de l'Antiquité, une encyclopédie à vrai dire. On reviendra dans un autre article sur nos ancêtres les Gaulois, d’origine celte, ligure ou ibère, qui ont cotoyé ces Grecs évidemment.

Voici 3 lectures pour se faire une idée. Les liens ouvrent les fiches de lecture sur Babelio. Retrouvez toutes nos chroniques ici : vllc et chri

Marseille grecque et la Gaule La Gaule selon Strabon : du texte à l'archéologie : Géographie, livre IV, traduction et études

Partons tout de suite sur les traces des Phocéens ! En effet il n’est pas nécessaire de s’infuser toute l’encyclopédie sur le sujet pour profiter des visites en famille. D’ailleurs il est parfois tout aussi intéressant de compléter la lecture au retour de ces visites. On pourra aussi montrer aux jeunes enfants, dès le CP/CE1, quelques exemples de mots français directement dérivés des mots grecs.

On peut parler d’un jeu de piste tellement les traces laissées par les Grecs sont ténues, on est en tout cas bien loin des empreintes monumentales laissées par les Romains. Du jeu de piste à la chasse au trésor il n’y a qu’un pas : libre à chaque famille d’inventer son trésor pour faire revivre un site !

On fait une visite préliminaire à la Villa Kérylos, qui est une évocation frappante de cette énorme culture grecque. Cette villa, à défaut d’être un vestige archéologique, est une espèce de reconstitution d’un cadre de vie à la grecque. Réalisé par des gens passionnés, le cadre somptueux vaut le détour à lui tout seul.

Villa Kerylos

Le jeu de piste commence à Massalia, la Marseille grecque. Ici point d’Acropole ou de temple gigantesque, car on ne les a pas encore trouvés ! Le quartier du Panier recouvre tous ces vestiges souvent fouillés dans l’urgence et malheureusement sans conservation visible pour nous. Alors il vaut mieux commencer au ‘jardin des vestiges’, c'est-à-dire à la porte de la ville grecque ; et ensuite pourquoi ne pas se promener dans le Panier en laissant l’imagination retrouver l’Acropole sur la colline de son choix. Un livret de jeu de piste sur Marseille antique, destiné aux familles, permet en 2 heures un panorama des lieux de Massalia dans le Panier. Il est en vente sur ce site

Jardin des vestiges-Marseille

Carrière antique de Cap Couronne

Afin de poursuivre le jeu de piste, Strabon, un géographe de l’Antiquité, nous a laissé des indices, à l’ouest et à l’est de Marseille, auxquels nous rajouterons quelques mystères :

  • Vers l’ouest : Agathé, et plus loin en Espagne Rhode et Emporion
  • Vers l’est : Tauroention, Olbia, Antipolis, Nikaia
  • Et un peu partout des influences grecques chez nos ancêtres les Gaulois : le fameux rempart hellénistique de Saint Blaise, les beaux vestiges de Glanum, et quelques autres surprises.
L'Ephèbe au Cap d'Agde site Archéologique d'Ampurias site archéologique d'Olbia près de Hyères
Oppidum de Saint-Blaise Site archéologique de Glanum Bas reliefs de Saint Julien les Martigues


Vers l’ouest :

Agde (Agathé) : un morceau de rempart à Agde même, et la délicieuse statue de l’Ephèbe et d’autres bronzes du musée du cap d’Agde. Ce qui a peut-être inspiré l’installation du plus grand centre européen du bronzage intégral…Hum revenons à nos Grecs…

En Espagne, Ampurias (Emporion) : pas très loin de la frontière française, on peut voir au musée de Rosas des amphores massaliètes et surtout le super site archéologique d’Ampurias. L’histoire a fait de Marseille une grande ville et d’Ampurias un site totalement délaissé après la fin de l’Antiquité.

Vers l’est :

Olbia : Le site, une ancienne colonie fortifiée n’est pas très bien indiqué. Il est situé au lieu-dit l'Almanarre à Hyères, au bord de la plage. Les fouilles sont en cours et peuvent réserver encore des surprises dans les années à venir. Le site a probablement joué un rôle défensif de Massalia toute proche. Les Romains l’ont d’ailleurs occupé après la conquête de César signant la fin de Marseille Grecque, ou disons le début de la fin.

Nice (Nikaia) : Nice n’existe dans les possessions grecques que par les textes (pas de vestiges), mais ceux-ci semblent d’accord pour faire de Nikaïa une dépendance de Massalia.

Et les influences grecques :

Saint Blaise et son fameux rempart hellénistique : un oppidum gaulois qui s’est doté d’un puissant rempart grec. A partir de là toutes les thèses existent sur les rapports entre les Gaulois et les Grecs.

Glanum : le site est magnifique et, là encore, on peut imaginer les rapports entre les Gaulois et les Grecs tout en déambulant dans une rue bordée de vestiges.

Saint Julien les Martigues : c'est un peu l’étape ‘Da Vinci Code’ pour terminer le jeu de piste sur un air de romance. A partir de l’histoire de Gyptis et Protis, qui est tirée de textes anciens, certains aimeraient voir dans les bas-reliefs, derrière l’église, l’illustration du mythe fondateur de Marseille. Dans le même ordre d'idée on ira faire un tour à la fontaine de Voire sur le chemin des calanques, au départ de l'hypermarché de Sormiou.

Et cette article se termine par la perspective d’autres sorties en famille :

  • peut-être à la recherche du Tauroention de Strabon (a priori différent du Tauroentum de Saint Cyr sur mer)
  • ou encore à la recherche de vestiges hypothétiques à Antibes (Antipolis).

Ce thème de sortie est évidemment une invitation à voyager en Grande Grèce et pourquoi pas jusqu'à Phocée. Nous avons fait encore un pas sur ce chemin en visitant les vestiges étrusques en Toscane, marqués par l'influence grecque.