Dès notre arrivée à Marseille, notre curiosité a été piquée par l’origine grecque de la ville : la cité phocéenne.

Les sorties proposées dans cet article appartiennent au thème « sur les pas des Grecs en Occident » : c'est en fait le titre d’un volume de la collection des études massaliètes du Centre Camille Jullian. Ces études massaliètes sont la base de notre connaissance sur les Grecs de l'Antiquité, une encyclopédie à vrai dire. On reviendra dans un autre article sur nos ancêtres les Gaulois, d’origine celte, ligure ou ibère, qui ont cotoyé ces Grecs évidemment.

Voici 3 lectures pour se faire une idée. Les liens ouvrent les fiches de lecture sur Babelio. Retrouvez toutes nos chroniques ici : vllc et chri

Marseille grecque et la Gaule La Gaule selon Strabon : du texte à l'archéologie : Géographie, livre IV, traduction et études

Partons tout de suite sur les traces des Phocéens ! En effet il n’est pas nécessaire de s’infuser toute l’encyclopédie sur le sujet pour profiter des visites en famille. D’ailleurs il est parfois tout aussi intéressant de compléter la lecture au retour de ces visites. On pourra aussi montrer aux jeunes enfants, dès le CP/CE1, quelques exemples de mots français directement dérivés des mots grecs.

On peut parler d’un jeu de piste tellement les traces laissées par les Grecs sont ténues, on est en tout cas bien loin des empreintes monumentales laissées par les Romains. Du jeu de piste à la chasse au trésor il n’y a qu’un pas : libre à chaque famille d’inventer son trésor pour faire revivre un site !

On fait une visite préliminaire à la Villa Kérylos, qui est une évocation frappante de cette énorme culture grecque. Cette villa, à défaut d’être un vestige archéologique, est une espèce de reconstitution d’un cadre de vie à la grecque. Réalisé par des gens passionnés, le cadre somptueux vaut le détour à lui tout seul.

Villa Kerylos

Le jeu de piste commence à Massalia, la Marseille grecque. Ici point d’Acropole ou de temple gigantesque, car on ne les a pas encore trouvés ! Le quartier du Panier recouvre tous ces vestiges souvent fouillés dans l’urgence et malheureusement sans conservation visible pour nous. Alors il vaut mieux commencer au ‘jardin des vestiges’, c'est-à-dire à la porte de la ville grecque ; et ensuite pourquoi ne pas se promener dans le Panier en laissant l’imagination retrouver l’Acropole sur la colline de son choix. Un livret de jeu de piste sur Marseille antique, destiné aux familles, permet en 2 heures un panorama des lieux de Massalia dans le Panier. Il est en vente sur ce site

Jardin des vestiges-Marseille

Carrière antique de Cap Couronne

Afin de poursuivre le jeu de piste, Strabon, un géographe de l’Antiquité, nous a laissé des indices, à l’ouest et à l’est de Marseille, auxquels nous rajouterons quelques mystères :

  • Vers l’ouest : Agathé, et plus loin en Espagne Rhode et Emporion
  • Vers l’est : Tauroention, Olbia, Antipolis, Nikaia
  • Et un peu partout des influences grecques chez nos ancêtres les Gaulois : le fameux rempart hellénistique de Saint Blaise, les beaux vestiges de Glanum, et quelques autres surprises.
L'Ephèbe au Cap d'Agde site Archéologique d'Ampurias site archéologique d'Olbia près de Hyères
Oppidum de Saint-Blaise Site archéologique de Glanum Bas reliefs de Saint Julien les Martigues


Vers l’ouest :

Agde (Agathé) : un morceau de rempart à Agde même, et la délicieuse statue de l’Ephèbe et d’autres bronzes du musée du cap d’Agde. Ce qui a peut-être inspiré l’installation du plus grand centre européen du bronzage intégral…Hum revenons à nos Grecs…

En Espagne, Ampurias (Emporion) : pas très loin de la frontière française, on peut voir au musée de Rosas des amphores massaliètes et surtout le super site archéologique d’Ampurias. L’histoire a fait de Marseille une grande ville et d’Ampurias un site totalement délaissé après la fin de l’Antiquité.

Vers l’est :

Olbia : Le site, une ancienne colonie fortifiée n’est pas très bien indiqué. Il est situé au lieu-dit l'Almanarre à Hyères, au bord de la plage. Les fouilles sont en cours et peuvent réserver encore des surprises dans les années à venir. Le site a probablement joué un rôle défensif de Massalia toute proche. Les Romains l’ont d’ailleurs occupé après la conquête de César signant la fin de Marseille Grecque, ou disons le début de la fin.

Nice (Nikaia) : Nice n’existe dans les possessions grecques que par les textes (pas de vestiges), mais ceux-ci semblent d’accord pour faire de Nikaïa une dépendance de Massalia.

Et les influences grecques :

Saint Blaise et son fameux rempart hellénistique : un oppidum gaulois qui s’est doté d’un puissant rempart grec. A partir de là toutes les thèses existent sur les rapports entre les Gaulois et les Grecs.

Glanum : le site est magnifique et, là encore, on peut imaginer les rapports entre les Gaulois et les Grecs tout en déambulant dans une rue bordée de vestiges.

Saint Julien les Martigues : c'est un peu l’étape ‘Da Vinci Code’ pour terminer le jeu de piste sur un air de romance. A partir de l’histoire de Gyptis et Protis, qui est tirée de textes anciens, certains aimeraient voir dans les bas-reliefs, derrière l’église, l’illustration du mythe fondateur de Marseille. Dans le même ordre d'idée on ira faire un tour à la fontaine de Voire sur le chemin des calanques, au départ de l'hypermarché de Sormiou.

Et cette article se termine par la perspective d’autres sorties en famille :

  • peut-être à la recherche du Tauroention de Strabon (a priori différent du Tauroentum de Saint Cyr sur mer)
  • ou encore à la recherche de vestiges hypothétiques à Antibes (Antipolis).

Ce thème de sortie est évidemment une invitation à voyager en Grande Grèce et pourquoi pas jusqu'à Phocée. Nous avons fait encore un pas sur ce chemin en visitant les vestiges étrusques en Toscane, marqués par l'influence grecque.